Nancy 2005
Capitale des Lumières

1755 - 2005

Avant de découvrir la Place Stanislas rénovée pour ses 250 ans, voici une exposition unique au Musée Lorrain de Nancy retraçant la vie de notre bon Roi Stanislas. Remontons au Temps des Lumières en 1755 pour redécouvrir Nancy et son héritage artistique, philosophique, scientifique... Nancy aujourd'hui est toujours la Capitale des Lumières.


Portrait de Stanislas Leszczynski par Jean Girardet ©Ville de Nancy

Jusqu'au 21 mars 2005
Stanislas un Roi de Pologne en Lorraine
Exposition au Musée Lorrain : visite virtuelle

120 œuvres, peintures, sculptures, dessins, objets d’art, souvenirs, livres, manuscrits… pour mieux connaître Stanislas Leszczynski, ancien roi de Pologne, son histoire, son action dans le duché de Lorraine et son œuvre de grand mécène.

 


Place Stanislas ©Ville de Nancy

La vie de Stanislas Leszczynski


Le Roi Stanislas Leszczynski

Originaire d’une famille aristocratique de Bohême-Moravie installée en Pologne au Xe siècle, Stanislas Leszczynski naît à Lwow le 20 octobre 1677. Il reçoit de ses précepteurs une solide culture littéraire et scientifique. Stanislas parle et écrit, outre le polonais, allemand, italien, français et latin. Il acquiert une culture européenne, en faisant le tour des grandes capitales (Vienne, Rome, Paris,...). Palatin de Poznanie, il épouse Catherine Opalinska, fille d’un magnat polonais. Elu par la noblesse de Pologne, Stanislas est sacré roi dans la cathédrale Saint Jean de Varsovie (1705).


La Famille Leszczynski

Bien que protégé par le roi de Suède Charles XII, il est confronté aux menaces de la Russie qui entend maintenir la Pologne dans sa sphère d’influence. Sous la pression de son rival au trône, le Saxon Auguste II, Stanislas doit fuir sa terre natale et connaît pendant quelques années (1709-1714) une vie errante à travers l’Europe, de Stettin (Pologne actuelle) à Zweibrücken (Allemagne).


Le Roi Stanislas Leszczynski

C’est au cours de cette période qu’il passe deux ans de 1713 à 1714 en captivité, en Bessarabie (entre la Moldavie et l'Ukraine), auprès de Charles XII exilé, à Bender, possession ottomane en Europe orientale. C’est là qu’il prend goût aux réalisations architecturales turques. Dans l’attente de la reconquête de la Pologne, Charles XII lui offre le duché de Zweibrücken à la lisière du royaume de France. Tout en cultivant sa passion pour la musique et les arts, Stanislas s’enthousiasme pour la philosophie et les sciences.


Cadran solaire portant les armes de la famille Leszczynski


Microscope ayant appartenu à Stanislas Leszczynski


Mappemonde ayant appartenu à Stanislas
Leszczynski

Il s’installe dans une demeure princière à l’architecture baroque et « aux allures orientales », qu’il fait bâtir en lui donnant le nom de Tschifflick (« maison de plaisance » en turc), en souvenir de son séjour à Bender. Il vit à Zweibrücken de 1714 à 1718. Après la mort de son protecteur Charles XII, il trouve refuge à Wissembourg en Alsace, bénéficiant de la bienveillance du régent Philippe d’Orléans. Son avenir s’éclaircit soudainement lorsqu’il unit sa fille Marie Leszczynska au roi de France Louis XV (1725). Il séjourne alors, avec sa cour, à Chambord, jusqu’en 1733, où dans le même temps où il se livre aux plaisirs de la chasse, il esquisse le projet d’une bibliothèque d’études et la création d’une académie. A cette date, la mort du roi de Pologne, Auguste II, le décide à retourner à Varsovie, où il est à nouveau candidat et élu au trône par la diète polonaise, avec l’appui de son gendre (1733). Mais il doit, une fois encore, prendre la fuite, à la suite de l’offensive des troupes russes et autrichiennes en Pologne. Après une étape à Dantzig, il gagne Königsberg (Prusse) où il reçoit l’hospitalité de Frédéric-Guillaume Ier. C’est à cette époque qu’il se lie d’amitié avec le prince héritier Frédéric, devenu Frédéric II de Prusse (1740), figure du « despote éclairé », qui devient Frédéric II de Prusse en 1740 avec lequel il entretient une abondante correspondance. De retour en France, Stanislas s’installe avec les siens au château de Meudon. Il abdique officiellement en 1736, et en compensation de sa couronne perdue, il est installé en Lorraine, au château de Lunéville. Pensionné par le roi de France, souverain sans couronne et à titre viager, il n’est duc de Lorraine et de Bar qu’en apparence. La réalité du pouvoir est assurée par l’intendant royal Antoine Chaumont de la Galaizière. En 1766, à la mort de Stanislas, Louis XV roi de France prend possession de la Lorraine.


Louis XV, Roi de France

Froidement accueilli par les Lorrains fidèles à l’ancienne dynastie, il parvient à se faire accepter en développant une politique de mécénat et de bienfaisance, au point d’apparaître comme l’archétype du bon prince. Cantonné dans le rôle de roi-philosophe et de roi-bâtisseur, il s’entoure au château de Lunéville (le « Versailles lorrain »), d’une cour brillante et cosmopolite qui attire savants (le géomètre Maupertuis, le physicien Vayringue) écrivains (Voltaire, Emilie du Châtelet, Montesquieu, Saint-Lambert) et artistes (Girardet, Joly, Adam, Guibal). Stanislas confie des travaux d’apparat de grande ampleur aux architectes (Héré, Jennesson, Mique), peintres et sculpteurs qui gravitent autour de ce généreux mécène. Il installe des résidences royales en Lorraine : La Malgrange, Commercy, Jolivet et Einville.


Château de Lunéville

Il fait entièrement réaménager le parc de Lunéville par l’architecte Emmanuel Héré qui orne les jardins de « folies », synthèse entre le goût exotique et l’exubérance rococo : le Kiosque d’inspiration turque, le pavillon du Trèfle au toit en forme de « chapeau chinois » dans l'esprit de la maison de thé du parc de Sanssouci à Potsdam et la pagode de Kew Gardens à Londres), maisonnettes (« les Chartreuses »), théâtres de verdure, fontaines, pavillon de la Cascade, pavillon de Chanteheux, ou encore le Rocher qui met en scène des automates dans un décor pastoral reconstitué. Le joyau de ces réalisations architecturales est sans conteste la place royale (aujourd’hui place Stanislas), ensemble monumental dédiée à Louis XV, chef d’œuvre où s’expriment la grâce baroque des ferronneries de Jean Lamour et l’élégance classique des pavillons de E.Héré.


Emmanuel Héré (1705 - 1763)


Jean Lamour (1689 - 1771)

A Nancy, Stanislas fait également édifier l’hôtel des Missions Royales, la caserne Sainte-Catherine, les places d’Alliance et de la Carrière ou encore les portes Saint-Stanislas et Sainte-Catherine. Bâtisseur, Stanislas est aussi homme de Lettres : il est l’auteur d’un récit utopique décrivant : Entretien d’un Européen avec un insulaire du royaume de Dumocala (1754), ainsi que d’un essai philosophique : Le combat de la volonté et de la raison (1749). Soucieux de dynamiser la vie intellectuelle en Lorraine, il crée la Société Royale des Sciences et Belles Lettres de Nancy (devenue Académie de Stanislas), liée dès son origine à la fondation de la Bibliothèque publique de Nancy (1750), en lui assignant comme finalité de « former le fonds de Lumières et de connaissances sur lequel chaque Lorrain a droit d’assigner quelque espérance pour le bien commun de l’Etat ».
Stanislas laisse aussi son empreinte sur les arts de la table (le baba, la madeleine, la culture des melons, dont il raffole…). A Lunéville, son cuisinier Joseph Gilliers (auteur du Cannaméliste français) introduit l’essence de bergamote à la cour.

Son "règne" est marqué par la création de plusieurs fondations charitables (Fondation du bouillon, Fondation des enfants-orphelins), financées sur ses fonds propres. Cette « bienfaisance éclairée » est une forme de « charité chrétienne ordonnée par la raison ». Stanislas confie en outre à l’hôtel de ville de Nancy une donation de 100 000 livres consacrée aux victimes de calamités. Un projet d’extension de cette mesure est envisagée pour toutes les paroisses des Etats de Lorraine et de Bar. Ce faisant, Stanislas dessine une première esquisse de « sécurité sociale ».

En s’inspirant des principes physiocratiques valorisant l’agriculture considérée comme la source de toute richesse, Stanislas crée 18 magasins à blé pour lutter contre la famine qui frappe régulièrement les campagnes. Cette mesure fait écho aux « greniers d’abondance » évoqués dans le récit utopique du roi-philosophe. Stanislas fonde également le Collège royal de médecine à Nancy (1752), sous la direction du médecin Charles Bagard.
Bien que fervent chrétien, il accepte l’implantation des loges maçonniques en Lorraine jusqu’au sein même de la cour de Lunéville. Le roi de Pologne pratique une politique de tolérance religieuse, en accueillant à Nancy les Jésuites chassés de France.


Rituel Maçonnique , manuscrit attestant
de l'initiation du Roi Stanislas

Esprit européen, alliant progrès, raison et piété religieuse, Stanislas Leszczynski a laissé une œuvre intellectuelle, architecturale, culturelle et sociale exprimée par la mise en forme et en actes d’une pensée puisant dans les idéaux des Lumières.

Tout le reportage photo : cliquer ici

David GOUVENEL
Vendredi 26 février 2005

 

Toutes les manifestations et événements sur :

www.nancy2005.fr

 





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