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Festival du Cinéma Nordique de Rouen


Festival du Cinéma Nordique de Rouen

Du 13 au 24 mars 2002

 


LES FILMS

Secrets de famille (Familjehemligheter), de Kjell Åke Andresson
Suède. 2000. Scénario : Håkan Lindhé. Interprètes : Rolf Lassgård, Maria Lundqvist, Erik Johansson. Production : AB Svensk Filmindustri. Couleur. 102 mn.
Le mariage de Mona et Bosse bat de l'aile, et chacun de leurs trois enfants porte en lui un traumatisme secret. Car dans cette famille, tous vivent leur vie sans rien laisser deviner aux autres. Bosse, le père, est un véritable " intégriste " du bonheur, mais sa manière d'affirmer que tout va bien nous persuade du contraire… Tout semble se désintégrer, la maison qu'il a construite, mais aussi sa famille…

Il peut paraître difficile au premier abord de critiquer ces films venus du Nord avec notre regard très français. Mais, après tout, voilà une bonne occasion de lever le voile et de dissiper certains malentendus à propos de ce cinéma méconnu.
Une projection en VOSTF est bien entendu nécessaire pour réellement apprécier ce film, même si, il est vrai, la barrière de la langue et de l'accent est difficile à passer.
J'ai beaucoup apprécié Secrets de famille. L'action se déroule il y a quelques années, et au travers de ces secrets familiaux, de nombreux sujets de société sont abordés. Sans vulgarité, le film laisse tout de même de côté le " politiquement correct " et la pudeur des esprits bien-pensants. Beaucoup de tabous sont exploités : adultère, réaction des jeunes enfants, adolescence, libération sexuelle et morale… Les comédiens sont attachants : de la mère un peu perdue par ses sentiments au père qui sombre dans la folie sous les assaut répétés de tous les changements de son foyer. Sans oublier les trois enfants : un petit bout de chou traumatisé et un jeune homme qui vit une crise d'adolescence proche de la rébellion. Une très belle performance d'ensemble des comédiens donc. Notre regard " franco-français " reprochera peut-être une mise en scène un peu lente (propre à la culture locale ?) mais je suis particulièrement touché par le traitement de ces divers sujets.
Enfin, pour rassurer les éventuels spectateurs inquiets, ce film n'est pas uniquement un drame familial mais comporte aussi plusieurs scènes très drôles. Je pense ici notamment à une scène " d'anthologie " qui ne peut-être racontée sans gâcher l'effet de surprise.
Bref, une découverte concluante pour ce film d'ouverture qui, s'il en était besoin, nous donne envie de continuer à découvrir ce cinéma nordique à la fois si différent et si proche du notre.

Elling, de Peter Naess
Norvège. 2001. Scénario : Axel Hellstenius. Interprètes : Per Christian Ellefsen, Svenn Nordin, Per christensen. Production : Maipo film og TV. 90mn. Distribution : Pretty Pictures.
Après deux ans d'internement à l'hôpital psychiatrique de Brøynes, Elling est confronté à la réalité. Les services sociaux l'installent dans un appartement à Oslo avec Kjell Bjarne, également en difficulté. Ils vont apprendre à vivre de façon autonome soutenus par les visites régulières d'un éducateur. Bien que leur appréhension du monde extérieur ainsi que leurs centres d'intérêts soient différents, ils restent cependant très attachés l'un à l'autre.

Elling est un film norvégien vraiment très drôle, même s'il est tout de même un peu dérangeant et m'a laissé un goût particulièrement bizarre dans la bouche. On peut voir dans ce film, et surtout dans l'interprétation de Per Christian Ollefsen, une forme de Woody Allen norvégien, tant le personnage d'Elling est névrosé et rappelle ce célèbre acteur américain. La beauté du film réside dans l'humanité de son histoire et des relations amicales qui unissent les deux hommes dans ce film. Mais c'est aussi cela qui est difficile à vivre. Ces deux hommes sont atteints d'une forme de folie, sont des marginaux et tout semble les opposer. Pourtant, l'amitié va prendre le dessus, nous offrant un film drôle, émouvant et étonnant. Les deux acteurs se complètent parfaitement, l'un est aussi exubérant que le second est timide… Ce qui est réellement frappant dans ce film est que le spectateur rit du début jusqu'à la fin, mais qu'il est tout aussi gênant de rire à ces situations, de peur de se moquer de ces marginaux au lieu de compatir à leurs difficultés. Finalement, passé le premier temps de stupeur et la barrière de la langue, on finit par pleinement profiter du film et se laisser entraîner par l'histoire et la drôlerie d'Elling et de son ami, une beauté qui culmine dans le final où tout semble résolu dans le meilleur des mondes possibles pour nos deux compères.
Il serait difficile d'aller plus loin dans une critique de ce film tant les sentiments qui m'ont assailli aussi bien au cours de la séance qu'après sont contradictoires. Mais il faut tout de même souligner que la grande majorité du public rouennais ainsi qu'américain (Elling était nommé aux Oscars) n'a pas éprouvé de telles réticences et a particulièrement apprécié ce film ce qu'il semble particulièrement mériter malgré mes doutes personnels…

La dérive (Drift), de Michiel Van Jaarsveld
Pays-Bas. Scénario : Jacqueline Epskamp. Interprètes : Christel Oomen, Dragan Bakema, Hans Hoes. Production Waterland Film & TV. Couleur. 90mn.
Sammy 15 ans a récemment pris conscience du désir qu'elle suscite chez les hommes, mais le seul qui l'attire est Jacob, son frère aîné. Leur père est placé à l'hôpital psychiatrique et leur mère est absente depuis des années. Jacob subvient à leurs besoins en faisant du trafic et veille sur sa petite sœur de manière possessive. Celle-ci tente d'exprimer et d'exercer sa sexualité naissante en séduisant le père de sa meilleure amie. Les dés sont jetés et une force indomptable entraîne Sammy et son frère dans une union inévitable…

Quel choc ! La Dérive est un film magnifique, mais vraiment très dur. En effet, les sujets traités sont réellement éprouvants, principalement cette histoire d'amour incestueuse entre le frère et sa sœur qui, même si on ne sait pas directement jusqu'où se manifeste cette attirance, gêne profondément le spectateur. Le film est filmé avec beaucoup de pudeur et de tendresse, et les images sont magnifiques et saisissantes. Je pense ici aux nombreux plans sur les visages des personnages principaux lorsque ceux-ci sont sur leurs motos. Au-delà de cette histoire incestueuse, la vie de Sammy nous choque tout au long du film, que ce soit les trafics malsains auxquels elle doit se livrer avec son frère pour survivre, que sa sexualité naissante et violente puisqu'elle séduit le père de sa meilleure amie et connaît alors de grandes désillusions. On soulignera alors ici la magnifique interprétation de la jeune Christel Oomen, qui a d'ailleurs reçu le prix d'interprétation du festival pour ce rôle. Christel Oomen joue ici dans son premier film et est incroyable de naturel dans un rôle pourtant si difficile.
À nouveau, il est difficile de résumer et de commenter ce film, mais je noterai tout de même en guise de conclusion, que si ce film est très difficile, il n'en est pas moins un très bon film et que même s'il nous plonge dans un très long trouble à la sortie de la projection, on ne regrette pas du tout de l'avoir vu, bien au contraire…

Un véritable humain (Et rigtigt menneske), de Åke Sandgren
Danemark. 2001. Scénario : Åke Sandgren. Interprètes : Nikolaj Lie Kaas, Peter Mygind, Susan Olsen. Production : Zentropa productions. 90 mn.
" P " est un personnage imaginé par la petite Lisa, 7 ans. Il " vit " derrière le papier-peint de sa chambre. Un jour, la maison est démolie. Il fait son apparition au milieu des gravats. Sans langage ni identité, il va faire ses premiers pas dans le monde des humains. C'est ainsi que commence le récit du voyage initiatique de " P " vers la condition d'humain. Une fable contemporaine à propos d'un être invisible auquel est donnée la chance de devenir un être vivant.

Un véritable humain est un films qui, par sa première image, nous fait craindre le pire. En effet, il est tourné selon les règles du Dogme 95 de Lars Von Trier. Le spectateur français que je suis craint alors de souffrir de cette mise en scène étonnante, dépouillée… Et pourtant, il n'en est rien, bien au contraire. Une mise en scène dépouillée va ici permettre de mettre en relief la qualité de l'histoire racontée. Un véritable humain est un véritable conte contemporain, étonnant et détonnant. Le réalisateur profite de la quête d'humanité de son personnage pour dénoncer l'intolérance, les préjugés, l'ingratitude ou la malhonnêteté des hommes sans pour autant jouer les donneurs de leçons. L'histoire de " P " nous touche au plus profond de notre âme et on est réellement pris d'affection pour ce personnage. La qualité du film repose également sur les talents d'interprète du personnage principal. Ce qui est encore plus marquant à propos de ce film est qu'il a reçu le prix du jeune public décerné par les lycéens ce qui prouve, s'il en était besoin, qu'il est vraiment destiné à tous les publics et que " Dogme " ou " Cinéma Nordique " n'est pas synonyme d'ennui, bien au contraire…